Enfin une déclaration publique de notre président !!!
Nicolas Sarkozy a appelé la Chine à "la retenue" et demandé "la fin des violences par le dialogue", selon un communiqué diffusé, lundi 24 mars, par l'Elysée. Dans un message envoyé directement au président chinois, Hu Jintao, Nicolas Sarkozy "émet le v½u que le dialogue engagé depuis plusieurs années entre les autorités chinoises et les représentants du dalaï-lama reprenne rapidement et s'approfondisse". Il exprime par ailleurs "la disponibilité de la France à faciliter cette reprise du dialogue".
Les déclarations du chef de l'Etat tranchent avec l'attitude de retrait qu'avait adoptée Paris face à la crise, comparé à celle d'autres pays européens. Alors que le premier ministre britannique, Gordon Brown, s'était dit prêt, la semaine dernière, a recevoir le dalaï-lama à Londres, et que Berlin a gelé ses pourparlers économiques avec la Chine, la France s'était contentée de demander un meilleur accès des journalistes au Tibet et avait appelé à un dialogue direct entre Pékin et le dalaï-lama. Interrogé le 14 mars sur la situation tibétaine, M. Sarkozy avait rappelé avoir parlé des droits de l'homme lors de sa visite en Chine, en novembre 2007, au cours de laquelle des contrats économiques avaient été signés...
Le communiqué de l'Elysée intervient également alors que la pression autour du chef de l'Etat augmente, notamment au sein des ONG et de l'opposition. Le député socialiste Pierre Moscovici avait reproché à M. Sarkozy son "silence assourdissant" sur le Tibet "comme il l'avait été lors de son voyage en Chine en prenant soin, grand soin même, de ne pas inviter la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme et en pratiquant la diplomatie du carnet de chèques", tout en se prononçant en faveur d'un boycottage des Jeux olympiques.
Lundi, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, a souligné que Paris n'était toujours pas favorable à une telle éventualité et préférait exercer "une pression diplomatique forte", estimant que la position française "n'a pas varié" depuis le début des incidents. "Que le président de la République s'exprime, c'est une voix encore plus forte. Heureusement que cette fois elle a été entendue parce qu'on dit quand même la même chose depuis une semaine", a-t-elle déclaré sur Europe 1, fustigeant "ceux qui ont critiqué le président [en faisant] semblant de ne pas entendre ce que j'ai dit". Concernant un éventuel geste lors de la cérémonie d'ouverture, Rama Yade a indiqué que cela dépendrait de la situation le 8 août.
Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait qualifié l'idée de boycottage de la cérémonie d'ouverture des JO d'"appréciable", avant de souligner qu'elle était "irréaliste". Il a ensuite plaidé pour une "initiative politique" de l'Union européenne et assuré que "l'hostilité face à nos amis chinois ne sera pas payante". Des propos qui n'ont pas empêché le député socialiste Jack Lang de demander à M. Kouchner de "sortir de sa réserve" et de souhaiter une initiative de M. Sarkozy face aux "brutalités chinoises".
L'idée d'un boycottage de la cérémonie d'ouverture est notamment soutenue par l'organisation Reporters sans frontières, dont trois militants ont perturbé la cérémonie d'allumage de la flamme olympique en Grèce, lundi. "Nous continuerons à faire des actions jusqu'au 8 août", a ensuite promis son secrétaire général, Robert Ménard. Tout en écartant cette possibilité, la France dit vouloir "promouvoir une position de l'UE, qui donnerait plus de force à notre message". La rencontre des ministres des affaires étrangères européens cette semaine sera "l'occasion qu'il y ait une position forte de l'Union européenne", confirme Rama Yade.
Les Français rejettent à 55% un boycott des Jeux Olympiques par les sportifs français, alors que 41% y seraient favorables, selon un sondage CSA réalisé pour Reporters sans Frontières (RSF) et publié lundi 24 mars par Libération. En revanche, 53% d'entre eux se disent favorables à un boycott politique de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, cet été, par le président Nicolas Sarkozy, afin de protester contre la répression des manifestants au Tibet. 42% ne sont "plutôt pas favorables" à la proposition de boycotter la cérémonie d'ouverture, faite la semaine dernière par RSF. - (Sondage réalisé les 19 et 20 mars auprès d'un échantillon de 959 personnes selon la méthode des quotas. (Avec AP)